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Gaton Eloundou Essomba : les revenus collectés par Eneo ne couvrent pas les charges du secteur

 

Au cours de l’échange qu’il a eu avec la presse après les discussions avec le patronat, le Minee a par ailleurs promis que le gouvernement fera des efforts pour relever le niveau de production. Il a en plus noté que le déséquilibre financier dû à la faible collecte des revenus par Eneo représente un déficit de 13 milliards Fcfa.

Par Blaise Deumo

 

Nous faisons face à un phénomène de changement climatique. La saison des pluies 2025, période au cours de laquelle on remplit les principaux barrages-réservoirs de notre réseau de production, a été très courte au point où les principaux barrages-réservoirs tels que Lom Pangar, n’ont pas été bien remplis. Aujourd’hui, le secteur fait face à un déficit hydro logique de 3 milliards de m3 d’eau. Ce déficit de production a un impact sur la production de ces ouvrages. J’ai été assez précis en donnant les chiffres, en disant que, aujourd’hui, nous avons vu par exemple Nachtigal ce matin [22 janvier] à 9h04 minutes, qui ne produisait que 246 Méga watts sur les 420 Mégawatts qui sont installés, parce que le volume d’eau qui arrive à Nachtigal ce matin c’est seulement 600 m3/seconde.

Toutes ces contingences et contraintes sont exogènes au secteur, et impactent la qualité de la production. Mais en même temps, l’État a mis en place d’autres ouvrages comme la Centrale à gaz qui viennent contrôler ou mitiger ce risque hydrologique. Donc, on va continuer à tout faire pour que les machines qui sont à l’arrêt aujourd’hui pour question de maintenance soient mises à la production très rapidement, pour remonter le niveau de production. Et à côté de cela, pour combler ce déficit, nous sommes obligés de solliciter le ministère des Finances, parce qu’il faut 5,5 milliards Fcfa pour rendre disponible le combustible pendant cette période et pouvoir répondre aux besoins des populations.

Mais, nous avons insisté sur la nouvelle stratégie du gouvernement qu’est le Compact énergétique, qui a reçu l’appui des principaux partenaires comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Donc, nous sommes déjà dans la vulgarisation de ce Compact qui est lancé. Le Compact énergétique vise à apporter l’énergie à 8 millions de Camerounais. Le Compact énergétique a comme un axe central la renationalisation d’Eneo. La renationalisation d’Eneo a pour objectif premier de corriger le principal mal auquel fait face le secteur aujourd’hui, celui du déséquilibre financier. Le secteur collecte 30 à 31 milliards Fcfa par mois, les charges sont de l’ordre de 44 milliards Fcfa. Nous avons un déficit qui tourne autour de 13 milliards Fcfa. Dans la renationalisation, nous devons résoudre cette équation-là pour que les revenus collectés puissent couvrir les charges du secteur.

Ce n’est qu’à cette condition et rien qu’à cette condition qu’on pourra remonter le niveau de revenus du secteur, payer tous les acteurs comme le transporteur Sonatrel, payer les producteurs indépendants comme Nachtigal, comme la Centrale à gaz de Kribi. Et quand on a payé tout le monde, on peut garantir la re prise des investissements. Donc, l’épicentre du mal aujourd’hui au niveau du secteur, c’est le déséquilibre financier. Et le premier médicament, c’est la recherche de l’équilibre financier. La renationalisation d’Eneo nous offre l’opportunité de prendre le contrôle de cette structure. Et dès qu’on prend le contrôle de cette structure, l’État a donc la capacité et la possibilité de mettre en place un plan d’action qui passe d’abord par le refinancement de la dette [d’Eneo, soit près de 177 milliards Fcfa, Ndlr], la lutte contre la fraude qui nous fait perdre 60 milliards Fcfa par an.

Tout le monde doit désormais payer sa facture d’électricité. L’État et ses démembrements ont aussi pris l’engagement de payer désormais leurs factures d’électricité. Il y aura l’élargissement de la base clientèle. Nous voulons recruter de nouveaux consommateurs. Ce sont toutes ces mesures-là qui vont renforcer les investissements en cours, pour que le secteur retrouve sa meilleure santé, pour que le secteur soit désormais fiable et qu’on ait un réseau de production et de distribution des plus robustes.

Written by BLAISE DEUMO

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