Face au patronat à Douala, le ministre de l’Eau et de l’Energie, a relevé plusieurs contraintes parmi lesquelles, la mauvaise hydrologie, la congestion du réseau de transport et le déséquilibre financier. Il a par ailleurs promis œuvrer ardemment pour un retour a la normale.
Par Blaise Deumo
La présentation sur PowerPoint faite par le ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba, lors de sa visite du 22 janvier 2026 au Gecam renseigne un peu plus sur l’offre de production en Energie Electrique. Ladite présentation relève que l’offre de production dans le Réseau interconnecté sud (Ris) se situe à 1536 Mégawatts, dont 1365 MW d’hydroélectricité et du gaz, et 171 MW du fuel. En ce qui concerne les causes des délestages, le Minee pointe du doigt des contraintes naturelles : « une faible pluviométrie qui a entraîné un faible remplissage des barrages-réservoirs. Il y a également des contraintes sur le réseau de transport qui se caractérisent par la congestion du réseau de transport dont la plus remarquable est celle du couloir Edéa-Douala qui limite le transit à 545 MW sur une demande de 671 MW et une offre disponible de 811 MW », souligne-t-il. A ces contraintes, s’ajoute la surcharge des postes de Békoko, Makepe, Deïdo, Koumassi et autres dans la ville de Douala.
Contraintes
Et ce n’est pas tout. Il y a également les contraintes liées au réseau de distribution (chute des poteaux bois, surcharge des transformateurs, surcharge des lignes de distribution) et à la main tenance (baisse de la production de Kpdc du fait de l’arrêt des machines pour défaut de maintenance). « Ce déficit de production entraîne l’activation des centrales thermiques dont le coût du combustible s’élève à 5,5 milliards Fcfa par mois », explique le Minee. Des goulots d’étranglement auxquels l’État, en partenariat avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (Bad), ont développé une nouvelle stratégie nationale dans le secteur de l’électricité. Il s’agit du Compact énergétique. Compact énergétique entend « garantir l’équilibre financier du secteur, fournir l’accès à l’électricité à environ 8 millions de personnes supplémentaires au Cameroun et aux industriels d’ici 2030, faisant passer le taux d’accès national à 100% contre 74% en 2024 », développe le Minee. A en croire Gaton Eloindou Essomba, de nombreuses attentes sont placées en cette nouvelle stratégie nationale.
De nombreuses réformes sont également attendues dans la mise en œuvre du Compact énergétique parmi lesquelles, la renationalisation d’Eneo. Une réforme qui se justifie au regard de son « rôle stratégique en tant que principal collecteur des recettes du secteur »., précise le Minee d’après qui ces recettes permettent aux autres acteurs (Sonatrel, concessionnaire de distribution, producteurs indépendants) d’investir et de se déployer. Et il y a urgence. La raison ? Eneo collecte actuellement environ 31 milliards Fcfa pour des charges évaluées à 44 milliards. Il y a un gap de 13 milliards Fcfa à combler. Ce qui pourra être possible avec la mise en place de cette réforme.
Déséquilibre financier
Le Compact énergétique est d’autant plus important que la faible collecte d’Eneo entraîne le non-paiement, le non-respect des engagements d’Eneo vis-à-vis de ses fournisseurs que sont, Sonatrel, EDC, IPP. La recherche de l’équilibre financier du secteur compte dans les 100 premiers jours de la prise de contrôle d’Eneo. Pour ce faire, l’État s’engage à payer désormais ses factures et à régler les arriérés des entités publiques. Il faudra aussi lutter contre la fraude dans ce secteur qui fait perdre 60 milliards Fcfa par an. Les chantiers sont nombreux.
Des explications du Minee qu’accompagnaient les directeurs généraux de l’Agence de Régulation du Secteur de l’Electricité (Arsel) et de la Société Nationale du Transport de l’Electricité (Sonatrel). « Même si nous n’avons pas de réponses à nos questions de manière très claire, les choses sont au moins claires sur ce que le gouvernement veut faire », fait remarquer Célestin Tawamba. Le président du Gecam plaide par ailleurs pour la mise en place d’un cadre de concertation Minee-Gecam, qui permettra d’évaluer le niveau d’implémentation des recommandations formulées au cours de cette visite de travail du Minee.



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