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Affaire Christian Fouelefack : les avocats de l’accusé parlent d’un procès à charge; compte rendu de la dernière audience

Incarcéré depuis 2 ans et accusé d’avoir assassiné son épouse le Dr Blanche Dontsa , l’homme politique et universitaire le Pr Christian Fouelefack était à nouveau devant le tribunal de Dschang ce lundi 25 Mai en compagnie de ses avocats au cours d’une énième audience qui transformé le tribunal en un amphithéâtre où la leçon de droit a été dite par le collège d’avocat de l’ancien cadre du MRC qui continu de clamer son innocence deux ans après le décès de son épouse dans les circonstances nons élucidées et dont le corps reste jusqu’à présent à la morgue. Pour les avocats du Pr Fouelefack, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un procès en sorcellerie car jusqu’ici, aucune preuve contre leur client en dehors des navigations à vue des personnes qu’ils disent être à charge alors que les témoins de l’accusé dans l’ensemble ont été cohérent avec la version de l’enseignant accusé.

Ci dessous l’intégralité du compte rendu de la dernière audience du lundi 25 Mai 2026 fait par notre confrère C.K depuis la cité capitale universitaire de la Menoua

Compte rendu de l’audience du lundi 25 mai 2026 au Palais de justice de Dschang

Il est 11h40 lorsque la collégialité fait son entrée dans la salle d’audience. L’accusé est appelé à la barre.

Le président du tribunal demande si les journalistes présents dans la salle sont bien installés pour rapporter les faits sur Facebook.
(Rires dans la salle)

Le Président du tribunal

Lors de la dernière audience, Me Bouobda a affiché un manque de respect envers le tribunal. Nous avons également été interrompus alors que nous ne posions que des questions à l’accusé. Puisque vous êtes là Monsieur le Bâtonnier, je souhaite que certaines choses soient clarifiées d’avance. Le Tribunal a-t-il le droit ou non de poser des questions à l’accusé quand il le souhaite et à n’importe quelle étape de la procédure ? Je souhaite aussi que Me Sokeng nous indique clairement quand est-ce que le médecin légiste avait dit ici que le coup fatal pouvait provoquer le décès 30 minutes après et non 24h après comme je l’ai dit. Nous nous étions séparés sur cet aspect. J’avais noté que le Médecin avait dit qu’après avoir reçu le coup, la victime ne pouvait plus supporter 24h, elle a dit que ce dernier avait plutôt parlé de 30 minutes maximum. Je souhaite donc qu’on commence par là.

La parole est donné au bâtonnier Patrice Monthe qui tient à rappeler qu’il est présent ce jour pour que le Cameroun sache la vérité, car ce qui se dit sur les réseaux autour de cette affaire est très grave et il est inadmissible de laisser perdurer cela. Il réitère être venu pour assurer la défense du Professeur Christian Fouelefack.

Le Bâtonnier Patrice Monthe :
Je tiens à vous dire, Monsieur le Président du tribunal, distingués juges, que j’ai eu vent de ce qui a été dit ici lors de la dernière audience par mon confrère Me Bouobda, et il est important que le professeur Fouelefack soit défendu dans les meilleures conditions de droits. En tant qu’avocat discipline de Robert Badinter je me suis toujours battu pour que le droit soit dit dans le strict respect des procédures. Dans le strict respect réciproque des magistrats et des avocats. Aucun détail ne doit être négligé. On dit que le diable se trouve dans les détails. Me Bouobda n’avait justement pas compris que notre client après le rabattu du délibéré soit interrogé sur des questions qu’il avait déjà répondu étant dans le box des témoins. Il n’a pas non plus supporté que le tribunal demande au professeur si son épouse est décédée de mort naturelle. Le professeur Fouelefack plaide non coupable.

Le Président du tribunal réagit.

C’est lui-même qui avait parlé de mort naturelle et nous avons voulu en savoir davantage.

Le Bâtonnier poursuit…
Si nous voulons qu’il n’y ait pas de malentendus, il est important de respecter tous les détails liés à la procédure. Je pense que c’est ce que mon excellent confrère avait voulu relever. Et si le Tribunal s’est senti heurté, je prends sur moi de présenter nos excuses à la cour.

Me Bouopda réagit :
Monsieur le Président, lors de la dernière audience, mes propos ne visaient pas à vous heurter, mais à dénoncer l’injustice. Il est inadmissible qu’après le rabattu du délibéré, vous vouliez poser des questions à mon client dans ce box là.

Président du tribunal :
Est-il interdit au tribunal de poser des questions ?

Avocat de la défense :
Les questions qui doivent être posées au Professeur ne doivent pas l’être dans le box des témoins. Il a déclaré ici qu’il était non coupable. Il est accusé.

Président du tribunal :
Le choix de la position de l’accusé pour répondre aux questions est un détail.

Me Bouopda :
Non, vous ne pouvez pas dire que c’est un détail. Il doit être jugé comme il se doit. Rien ne se fait au hasard dans une procédure. Le code de procédure pénale est justement là pour tout encadrer.

Président du tribunal :
Nous devons lui reposer toutes les questions qui lui ont été posées. Sommes-nous d’accord ? Monsieur le bâtonnier n’a pas réagi à toutes nos préoccupations. Nous souhaitons que Me Sokeng nous indique quand et où il avait été relevé 30 minutes au lieu de 24h.

Me Sokeng Sandrine :
Monsieur le Président, Nous n’avons aucun problème avec vos questions. Le 17 mars, vous avez ordonné le rabattement du délibéré. Nous nous attendions à ce que le tribunal nous indique explicitement la nouvelle démarche. Or, grande fut notre surprise de vous voir poser directement des questions à l’accusé.

Président du tribunal :
Le ministère public a rappelé ici que la parole pouvait être donnée au tribunal pour poser des questions…

Me Sokeng Sandrine :
Nous ne pouvons pas accepter que le Professeur Fouelefack, ayant plaidé non coupable, continue d’être interrogé dans ce box. Tout portait à croire que l’objectif était tout autre.

Monsieur le Président, le médecin légiste avait déclaré ici que la victime ne pouvait pas résister plus de 30 minutes, et vous reveniez sur un délai de 24 h. Je ne pouvais plus supporter un tel écart dans un propos que j’ai bien noté.

Me Bouopda :
Nous sommes dans une affaire criminelle. L’accusé ayant plaidé non coupable, certaines questions ne devraient plus être posées. Il vous a dit qu’il n’était pas là. L’article 307 est clair : il revient au ministère public et à l’accusation d’apporter les preuves. Vous ne pouvez pas demander à l’accusé de prouver son innocence. Voilà le fond du problème.

Président du tribunal :
Je reste clair. M. Fouelefack dit ne pas avoir tué son épouse. Nous voulons savoir qui l’a tué.

Me Bouopda :
Il vous a parlé de mort naturelle. Vous êtes allé trop loin.

Président du tribunal :
Mais c’est lui qui a parlé de mort naturelle. Nous voulons qu’il nous dise ce que signifie mort naturelle.
Maintenant, pouvons-nous poser des questions à l’accusé ? Nous sommes dans notre droit de faire venir qui nous voulons ici pour poser des questions.

Bâtonnier Me Patrice Monthe :
Monsieur le Président, l’accusé a répondu à toutes ces questions ici. Quel intérêt y a-t-il à y revenir ?

Président du tribunal :
Je vais reposer les mêmes questions. Êtes-vous d’accord avec moi sur le timing de la mort ?

Me Sokeng Sandrine :
Non, monsieur le Président. C’est vous qui avez posé cette question le 2 juin 2025. Allez dans votre plumitif. Vous aviez dit : C’est le même jour que ces traumatismes ont eu lieu. Nous étions le même jour, et vous parlez maintenant de 24 h. Ne trouvez-vous pas cela incohérent ?

L’accusation :
Il était question de 30 minutes, et non de 24 h.

Me Sokeng Sandrine :
Me Kenfack, arrêtez de distraire la justice. Nous voulons la vérité.

Après lecture du plumitif de ce qui avait été dit le 2 juin 2025 par le médecin légiste, le président du tribunal convient avec la défense que Me Sokeng avait raison et va plus loin en relevant qu’il avait noté que le coup en question pouvait causer la mort « immédiatement ».
Il relève les incohérences notées et s’accorde avec la défense.

Président du tribunal :
M. Fouelefack, rentrez dans le box.
Y a-t-il d’autres questions des parties ?

Ministère public :
Non nous n’avons pas de nouvelles questions.

Avocat de la défense : Oui, nous avons à dire.

Accusation : Nous avons une question.

Me Sonkeng Sandrine :
M. Fouelefack, revenez de ce côté.

Me Bouopda :
Après ces questions, pourrons-nous revenir ?

Président du tribunal : Oui.

Accusation :
Dites-nous pourquoi vous avez changé de version entre l’enquête préliminaire et l’enquête judiciaire concernant la position de votre épouse ?

Accusé :
Je n’ai pas changé de version. Ma version est toujours la même : ce samedi, je suis rentré chez moi après que mes enfants m’ont appelé. Une fois sur place, j’ai trouvé une dame dans les escaliers. J’ai ouvert ma porte et je suis entré dans notre chambre. J’ai trouvé ma femme couchée sur le côté gauche, la main soutenant sa tête. J’ai pu la transporter de la douche jusqu’à l’entrée de notre chambre, mais ne pouvant pas sortir avec elle, je l’ai déposée. J’ai trouvé la dame du champ dans notre salon. Ensemble, nous avons sorti mon épouse de la chambre jusqu’au salon. Avec les voisins arrivés, nous l’avons transportée jusqu’au véhicule, et j’ai pris le volant pour l’hôpital.

Accusation :
Voulez-vous consulter votre déclaration ? Est-ce bien votre signature sur ce document du 18 avril 2024 ?

Accusé : Oui, c’est la mienne.

Bâtonnier Me Patrice Monthe :
Si l’accusation veut démontrer une incohérence, elle n’a pas besoin de poser ces questions. Elle n’a qu’à lire les versions différentes prononcées par l’accusé.

Accusation :
Avez-vous transporté votre épouse seul ?

Accusé :
J’ai transporté mon épouse de la douche à la chambre tout seul. Une fois que j’ai voulu sortir de la chambre pour le salon, je n’ai pas pu à cause de la porte. Je l’ai transportée avec la dame du champ jusqu’au salon, puis d’autres voisins nous ont aidés à la mettre dans le véhicule et à la conduire à l’hôpital.

Accusation :
(Aucune mention de l’incohérence en question)
Comment pouvez-vous justifier devant ce tribunal qu’après les premiers obsèques, vous êtes allé à un autre deuil ?

Accusé : Je n’ai pas de justificatifs.

Deuxième avocat de l’accusation :
À une audience, vous avez dit qu’une fois à l’hôpital, votre ami Alidou vous a appelé.

Accusé :
Je ne peux pas vous dire si c’est lui qui m’a appelé en premier, mais nous avons échangé.

Accusation :
Le listing montre que c’est vous. Pourquoi l’avez-vous appelé en premier ?

Accusé : Je ne peux rien vous dire à ce sujet.

Accusation :
Si je vous dis qu’au moment où vos enfants vous appellent, vous n’étiez pas à Synergie, que répondez-vous ?

Accusé : J’y étais.

Accusation :
Vous avez bien dit que votre épouse était morte de mort naturelle, c’est bien ça ?

Accusé : Oui, je l’ai dit.

Accusation :
Pourquoi avez-vous refusé les rapports des légistes ?

Accusé :
J’ai été sidéré par les rapports des médecins légistes. Il y a eu de nombreuses contradictions que j’ai relevées. Si le premier releve un fait à droite le second le relève à gauche.
Le premier parle de l’usage d’un objet contondant, le deuxième n’en parle pas.
J’ai demandé au premier légiste ici, s’il avait trouvé du sang, une blessure ouverte ou une bosse sur mon épouse. Il a répondu non. Il parlait pourtant de l’usage d’un objet contondant lourd pour la frapper. Comment peut-on frapper mortellement quelqu’un à l’aide d’un objet contondant lourd et on n’ y trouve ni blessure, ni bosse, ni sang? Ce n’est qu’à l’intérieur du crâne qu’on retrouve tout ce qu’il relève.
Je rappelle que j’ai porté mon épouse avec d’autres personnes pour la transporter a l’hôpital. Il n’y avait rien indiquant qu’elle ait subi quoi que ce soit de violent.

Accusation :
Avez-vous demandé à être représenté lors de la seconde expertise ? Où est le rapport de ce médecin ?

Accusé :
Oui, mais le troisième légiste n’était pas là pour rédiger un rapport. Il me représentait simplement. C’est pourquoi il n’a pas signé le second rapport.

Président du tribunal :
Votre épouse était-elle jalouse de vous ? Était elle bagarreuse?

Accusé :
Je ne me suis jamais retrouvé dans cette situation avec mon épouse.

Président du tribunal :
Le rapport parle non seulement de mort criminelle mais aussi des hématomes sur ses deux bras qui pourraient être des signes de défense.

Accusé :
Monsieur le Président, il serait également intéressant de parler aussi de l’écorchure de son nez. Sur les images de la seconde autopsie elle a un nez complètement défiguré, ce qui n’apparaît pas dans la première. On peut y ajouter les hématomes en question. Mais je reste convaincu que mon épouse a eu toutes ces écorchures à la morgue. D’où les multiples contradictions dans les rapports.

Président du tribunal :
Lorsque l’autopsie a été faite, le corps était-il déjà congelé ?

Accusé : Je n’y étais pas.

Me Sokeng Sandrine :
Pouvons-nous l’aider ?

Président du tribunal : Oui.

Me Sokeng Sandrine :
L’autopsie a été faite le 24 avril 2024, et elle a été admise à la morgue le 13 avril. Et la seconde a été faite le 30 mai plus d’un mois et demi après. Le corps était totalement congelé.

Président du tribunal :
D’accord, 11 jours après. Le corps était donc complètement congelé. Nous ne pouvons pas poser d’autres questions car les morguiers ne sont pas présents.

Président du tribunal :
Me Kenfack, au-delà de la dernière plaidoirie, avez-vous quelque chose à ajouter ?

Me Kenfack Tsamo:
Monsieur le Président, vous constaterez qu’à l’enquête préliminaire, la dame du champ et l’accusé ont donné la même version et lors de leurs dépositions ici ils ont donné la même version modifiée.
Par ailleurs, l’accusé n’a jamais rien justifié. Il décrit de manière minutieuse le premier deuil, mais pour le second, il reste évasif.
Il dit être revenu de ce deuil, puis avoir été appelé de la maison. Si vous consultez les appels téléphoniques, vous verrez qu’il n’a ni reçu ni passé d’appel là-bas.
En consultant tous les documents, vous comprendrez que la victime a succombé aux coups de quelqu’un, et ce n’est pas l’un des enfants.
Lorsque vous lirez les dépositions de la ménagère, de la voisine et de l’étudiant sur le caractère violent et nerveux de l’accusé vous comprendrez qu’il n’y a personne d’autre que l’accusé qui a assassiné son épouse. Nous vous demandons de déclarer M. Fouelefack coupable.

Accusation…un autre avocat (jeune et brun):
On a voulu nous faire croire qu’après la mort, il y a eu ces hématomes. Non, ces hématomes se sont formés avant la mort.
Vous constaterez que la première personne qu’il appelle, c’est Alidou. Mais Alidou ne s’est jamais présenté ici et ils n’ont pas présenté de témoins. De quoi ont-ils peur ? S’il était innocent, il aurait appelé Alidou pour prouver qu’il était avec lui.

Président du tribunal : La parole est à la défense.

Me Bouopda :
Monsieur le Président, il faut faire très attention en matière criminelle.
Me Bouobda rappelle une affaire criminelle dans laquelle l’accusé avait été jugé, condamné puis passé à la guillotine et plus tard le vrai coupable a été retrouvé.
Monsieur le Président, a-t-on apporté une seule preuve que M. Fouelefack était chez lui avant que son épouse ne rentre ?

On s’attarde sur la dame du champ, qui a déclaré ici que je ne connaissais pas M. Fouelefack jusqu’au jour du décès de son épouse. J’ai vu sa femme rentrer, mais j’étais au champ. 25 minutes après, j’ai suivi les enfants au balcon. L’enfant disait au téléphone : Papa, papa, viens vite, maman est tombée.
Je me suis rendue chez leur bailleresse et je n’ai trouvé personne. Une fois que je me suis rendue à leur domicile, j’ai vu la voiture garée, et il est arrivé en courant.

Ces seules déclarations suffisent.

Que dit son fils aîné? Il dit : Ma mère est morte à la maison. Elle faisait le lit avec mon petit frère à qui elle a demandé de l’eau. Le temps pour lui d’aller chercher de l’eau, ils ont vu leur mère s’écrouler.

On vous demande en face de comprendre, de déduire.
En droit, on ne comprend pas, on ne déduit pas Monsieur le Président. On établit.
Pourquoi vouloir lui opposer quoi que ce soit, Monsieur le Président ? On va jusqu’à lui demander pourquoi le médecin n’a pas fait de rapport.
Personne n’a souhaité la mort de sa défunte épouse. Mais, Monsieur le Président, faut-il faire une autre victime ?

On vous demande de faire parler votre intime conviction.Votre intime conviction doit parler selon la loi. Votre honneur, regardez les textes du Code pénal : c’est l’imputabilité qui dirige tout.
Il y a eu mort d’homme, nous en sommes conscients. Mais est-ce lui qui a tué son épouse ? Les éléments à votre disposition prouvent-ils sa culpabilité ?
Je peux vous assurer que si j’avais imaginé un seul instant qu’il était coupable, je me serais déconstitué de ce dossier. J’aurais tout au moins demandé des circonstances atténuantes, car il a des enfants. Mais il n’en est rien.
Monsieur le Président, il n’y a jamais eu de manque de respect vis à vis du tribunal mais un problème de compréhension des textes et d’appréciation des éléments. J’éprouve un respect inconditionnel pour les magistrats et vous le savez.

Me Sokeng Sandrine :
Je prie le tribunal de lire le rapport de décès dressé le 18 avril 2024 par le médecin de l’hôpital annexe de Dschang, soit 5 jours après le décès de notre épouse :

Je soussigné, Pr NOUBOM Michel, médecin biologiste, directeur de l’Hôpital Régional Annexe de Dschang, agissant sous réquisition médicale PV n°009 du 16 avril 2024 de Monsieur ABDOULAYE OUMAR, commissaire divisionnaire, commissaire central de la ville de Dschang, officier de police judiciaire, auxiliaire de Monsieur le Procureur de la République,
Atteste avoir examiné la nommée DONTSA Blanche, épouse FOUELEFACK, dont le corps a été découvert dans la douche de la maison familiale au quartier Pedground, en position de décubitus dorsal.
Au moment de l’examen, la patiente n’avait plus de vêtement.
À l’examen physique, on note un ventre plat, des paumes et plantes de pied non cyanosées, et aucune trace de violence.
Une rigidité cadavérique, une lividité cadavérique.
Par ailleurs, on note un corps de couleur normale, pas d’ecchymose sous-conjonctivale, pas de signes généraux ni particuliers d’asphyxie mécanique.
Fort de ce qui précède, nous pensons à une mort de cause inconnue, qui sera mieux élucidée par un médecin légiste.
Conclusion : la nommée DONTSA Blanche, épouse FOUELEFACK, est morte de cause inconnue, qui sera mieux élucidée par un médecin légiste.

Monsieur le Président, dans ce rapport dont je viens de donner lecture, elle est nue. Le rapport est établi 5 jours après son décès sur ordre du procureur de la République. Le directeur de l’hôpital, premier expert à examiner ce corps n’a rien trouvé sur le plan physique.

Que s’est-il passé entre le 18 avril 2024, le 25 avril et le 30 mai 2024 ? Nous voulons savoir.

Le premier médecin était-il myope pour ne pas voir ce que les autres ont vu après? Il a examiné le corps alors qu’il était frais. Nous parlons bien du Pr Noubom Michel, Directeur de l’hôpital régional annexe de Dschang qui établit ce rapport à la demande du procureur de la République.
Monsieur le Président, opérant sur ce rapport de décès, il ne pouvait pas présenter un faux rapport, car il s’agissait d’une réquisition et il aurait pu être poursuivi.

Vous pouvez donc comprendre pourquoi l’accusé a toujours dit qu’il contestait ces rapports d’autopsies. Il sait dans quel état il a emmené notre épouse à l’hôpital.

Vous avez les témoignages des collègues de l’accusé. Ils sont unanimes : ils ont vu ce couple bras dessus bras dessous la matinée du 13 avril. Ils confirment que l’accusé s’est excusé pour un autre deuil. Ils confirment avoir déposé son épouse au marché à 16h30. Comment cela aurait-il pu se produire, et à quel moment aurait-il infligé un traumatisme à sa femme ?

Nous avons entendu des choses, notamment sur le fait qu’il aurait appelé son ami militaire Alidou en premier. Nous disons que c’est la dernière personne avec qui il se trouvait. Quel reproche peut-on lui faire d’avoir contacté ce dernier ? De lui avoir dit : Mon frère, le ciel m’est tombé dessus ? En quoi cela constitue-t-il une tentative de maquiller un crime ?
Une autre incongruité, à court d’arguments de l’accusation ? Pourtant, le listing est clair. Vous ne verrez nulle part de trace de l’accusé à son domicile à l’heure où son épouse est décédée. Vous constaterez que c’est après l’appel des enfants qu’il s’est rendu à son domicile. Voilà pourquoi le représentant du ministère public n’a pas voulu s’appesantir sur ce second deuil.

Nous voulons justice pour l’accusé. Il doit faire son deuil. Cela fait deux ans qu’il porte son deuil, et sa femme est toujours à la morgue de Dschang.

Bâtonnier Patrice Monthe :
Monsieur le Président, messieurs les jugeq…j’ai l’honneur d’être ici aujourd’hui… Vous avez écouté les conseils. Ce que je suis venu faire, je le ferai avec loyauté pour notre justice, pour votre tribunal, pour mon client le professeur Fouelefack.
J’ai devant vous ce matin un seul souci : être véridique. J’ai plaidé dans des dossiers criminels parmi les plus complexes.

Je suis obligé de vous poser quelques questions :
Pourquoi en veut-on tant au Professeur Fouelefack ?
Qu’a-t-il fait ?
Pourquoi ?
On a évité de se poser des questions essentielles dans cette affaire.
Je voulais vous dire que j’ai apprécié le travail d’assainissement de votre tribunal. J’ai besoin que justice soit rendue.
Permettez-moi cet argumentaire, car c’est cela qui nous amène ici. On a remis en cause les déclarations du Professeur Fouelefack, mais je le dis à la lumière de ce tribunal : il n’a jamais travesti ses propos. Il est toujours resté cohérent.

Le 13 avril 2024, le Professeur Fouelefack se rend à un deuil, comme nous en avons l’habitude dans nos traditions, pour assister le Professeur Kago. Ensuite, il se rend à une autre cérémonie funèbre, laissant son épouse avec ses collègues qui la ramènent.
Il se trouve qu’à 16 h, il revient en ville et s’arrête dans un supermarché pour prendre un jus. Il tombe sur son ami Alidou, puis aperçoit un notable du village. Il discute un peu avec lui, prend son contact. Il reçoit un appel entrant de son épouse et le renvoie pour terminer l’enregistrement du contact. Une fois terminé, le téléphone sonne à nouveau. Il répond et entend les enfants au téléphone : Papa, viens vite, maman est tombée.
Il dit à son ami qu’il a une situation urgente à son domicile et prend immédiatement la route. Arrivé chez lui, il aperçoit les enfants au balcon et une dame à l’entrée, avec qui il rentre. A l’intérieur de sa maison, il laisse la dame au salon et entre dans la chambre où il tente de faire sortir son épouse pour le salon. Une fois ses forces épuisées, il demande l’aide de cette dernière pour la transporter vers le salon. Les voisins arrivés les aident à transporter son épouse à l’hôpital, où elle rend l’âme.
Monsieur le Président, nous ne devons pas jouer avec la vie de nos concitoyens. Voilà les faits.

J’ai été estomaqué par ce procès, car personne n’a cherché la vérité. Il n’a jamais été question de rechercher la vérité dans cette affaire depuis le début. Le commissaire Abdoulaye Oumar a envoyé un rapport extraordinaire au procureur de la République. Je pèse mes mots, car ce qui y est dit est ahurissant.
Objet : suspicion d’assassinat.

Lecture faite.

Le Président du tribunal :
Cela n’a t’il pas été requalifié?

La Bâtonnier Patrice Monthe poursuit…
Selon ses conclusions basées sur celles des médecins légistes, la défunte serait décédée de mort criminelle. Monsieur le Président, le médecin légiste n’a jamais dit cela.

Voici ce que dit exactement le médecin légiste dans le certificat de genre de mort :

Lecture faite.

M. Fouelefack est présenté comme quelqu’un de violent. Pourtant, il est incarcéré depuis 2 ans et a toujours gardé son calme. Il est arrogant. Il est impétueux. Arrêtons un peu. Vous qui allez souvent à Yaoundé, dites nous combien de gens arrogants nous gouvernent. Quel est cet argument de droit ? J’ai envie de dire qu’on lui foute un peu la paix.

C’est son droit de solliciter une expertise médicale. Il a demandé que cela soit fait par un médecin légiste accrédité à la Cour d’appel du Centre et on le lui a refusé. Connaissant l’environnement de Dschang il ne se doutait pas que de telles choses pouvaient arriver.

D’après les rapports des médecins légistes, le commissaire dit qu’il s’agit d’un crime. Qui lui a dit cela ? Était-il sur place pour affirmer qu’il s’agit d’un assassinat d’origine criminelle ?

Il conclut en disant que le Professeur tente de faire diversion et de gagner du temps. Mais c’est inacceptable. On ne peut pas rester dans un bureau et faire des allégations pour incriminer un innocent. Non, Monsieur le Président, le pays va déjà assez mal comme ça. C’est quoi cette légèreté ?

Monsieur le Président, il y a eu une espèce de chasse aux sorcières dans ce dossier.
Lisons l’article 305 du Code pénal.

Lecture faite.

Interprétations.

Citations de Robert Badinter.

Commentaires.

Il y a les dénommés Wamba Samuel, Tchamba Martin, Ngouegni Brigitte, Djuazon, auditionnés ici que je considère comme des témoins à charge.

Wamba Samuel, interrogé, répond : La mort de ma fille n’est pas naturelle. J’en ai pour preuve : dans l’organisation des obsèques, il ne m’a pas impliqué.
Donc Fouelefack aurait eu un plan pour se débarrasser de sa dulcinée, chasser la ménagère et organiser les obsèques discrètement ? Avait-il besoin de tout cela s’il voulait se débarrasser d’elle ?

Quant à Tchamba Martin, un professeur d’université en plus : Je suis ahuri. Il dit: Je ne sais pas s’il a commis les faits qu’on lui reproche. Cependant, je ne sais pas si ce dernier était tendre avec son épouse. La précipitation avec laquelle il a organisé les obsèques prouve que c’est lui.

C’est plus qu’un procès en sorcellerie ça.

La mère de Blanche Laure dit : Quand je voyais ma fille, j’avais l’impression qu’elle n’était pas heureuse. Mais une mère, après un tel constat, doit appeler sa fille pour lui demander ce qui se passe.

Toutes ces déclarations se ressemblent. Je ne reviendrai pas sur celles de dame Brigitte.
Monsieur le Président, vous avez l’impression d’avoir là des témoignages à charges?

Vous avez entendu les témoins de l’accusé. Tous ont été entendus, y compris ses enfants. Tous sont cohérents et unanimes : le Professeur n’a jamais tué son épouse, et tout ce qu’on dit de lui est faux.

Dans les réquisitions, le premier médecin dit qu’elle est morte de mort inconnue. Mais nous sommes surpris par les résultats des médecins légistes. Qu’est-ce qui a tué dame Dontsa ?

J’ai appris ce qu’est un rapport d’expertise à l’école dans ma formation de jeune avocat à Bordeaux : lorsqu’il leur est prescrit un travail, ils doivent dire ce qu’ils ont vu. Mais dans ce cas, ils ont créé beaucoup de problèmes.
Je vais vous raconter l’histoire de Marie R. Accusée, on disait qu’elle avait empoisonné à l’aide du cyanure. Des experts affirmaient mordicus que c’était le cas. Mais rien n’était certain, juste des soupçons. Après la contre-expertise, il avait été constaté que ce n’était pas le cas. Aucune trace de cyanure. Un expert appelé à confirmer la présence du cyanure dans l’un des deux flacons s’était trompé publiquement. Aucun des deux flacons ne comportaient du cyanure alors qu’il avait choisi un des deux flacons présents indiquant qu’il en contenait. Donc ils s’étaient trompés.
(Histoire résumée)

Je vous le dis parce qu’il n’y a aucune justice dans cette affaire. Aucun travail sérieux n’a été fait. Nous constatons que le département de la Menoua est devenu nauséabond pour lui, mais qu’on lui fiche la paix.
C’est terrible qu’on lui demande de citer les noms de personnes décédées, là où il se trouvait. Pourtant, le listing montre sa présence dans ce village.

Monsieur le Président, honorables juges, personne ne parle de l’ imputabilité des faits ni des motivations. L’article 74… Lecture faite.
Qui a établi que Fouelefack a tué son épouse ? Quand et où aurait-elle reçu des coups ? Comment peut-on dire qu’il est orgueilleux, suffisant, colérique, etc. ?
Monsieur le Président, soyons sérieux.
Qui a établi les faits ? Les coups reçus, c’était quand et où ? Personne.
Lisons l’article 265…

J’aurais souhaité que le président du tribunal prenne ses responsabilités. En le laissant en prison, vous l’avez marqué au fer rouge. Quand il sortira, on dira : Voilà l’homme qui a tué sa femme.
Dites-nous quand et où il l’a tuée, et avec quelle arme?
Donc Fouelefack peut être aussi cruel ?
Non, Monsieur le Président.
Lorsqu’on dirige un dossier, surtout sur les mœurs, on doit être juste. Je n’ai vu aucune preuve, seulement des allégations et des divagations.
Je vous confie, Monsieur le Président, qu’après mon excellent confrère Me Bouopda, au nom du droit et de l’équité, vous rendrez un beau verdict, de paix et d’honneur.
Ne rendez pas un verdict de poids, rendez un verdict conforme au sens de la justice. Ne mélangez pas douleur, haine et vengeance. A la lecture de la lettre écrite à sa défunte épouse, je suis sûr qu’il a pardonné à ceux qui ont monté cette cabale contre lui.
Rendez justice, pour que nous puissions dire : il y a des juges à Dschang.

L’audience se termine à 13h44.
Le président du tribunal renvoie l’affaire au 9 juin 2026 pour le délibéré.

 

La vie et la mort après ce monde il y a deux royaumes le royaume de la mort éternelle et le royaume de la vie éternelle quelle est ton choix ?

Hébreux 9 versé 27

Repentez-vous et acceptez Dieu dans votre vie comme votre Dieu, votre père,votre créateur, Jésus Christ comme votre seigneur et sauveur personnel et le Saint-Esprit comme le garant de votre salut et tu seras sauvé. aime vous les un les autres pour continuer à recevoir la parole de Dieu à partie de vos téléphones+237679612752

 

 

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Written by Bled Tamekem

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