Les militaires accusés ont écopé des peines comprises entre 5 et 10 ans de prison. Le tribunal a considéré que les soldats ont agi dans un environnement stressant.
Les personnes impliquées dans le massacre de Ngarbuh sont desormais fixées sur leur sort. Le tribunat militaire de Yaoundé a rendu son délibéré dans le cadre de l’affaire qui opposait des éléments des Forces de Défense camerounaise aux familles des personnes tuées et blessées a la suite du massacre perpétré par lesdits soldats dans le village Ngarbuh, situé le département du Donga-Mantung, région du Nord-Ouest. Le Tribunal militaire de Yaoundé a reconnu coupable les soldats impliqués dans le massacre de Ngarbuh.
D’après Me Menkem Sother et Me Massi Georgie, conseils des ayants droits des victimes, le Tribunal, statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties et par défaut à l’égard de M. Tata Nfor Maxwelle, déclare l’accusé Tata Nfor alias Bullet coupable de coaction de meurtre, incendie et destruction ; les accusés Baba Guida et Sanding Sandin Cyrille, coupables de violation de consigne, coaction de meurtre, incendie et destruction ; l’accusé Haranga Gilbert coupable des faits de violation de consigne, coaction de meurtre, incendie et destruction, violence sur femme enceinte. En répression, le tribunal condamne Baba Guida à 8 ans d’emprisonnement ferme, Sanding Sanding Cyrille à 5ans d’emprisonnement ferme, Haranga Gilbert et Tata Nfor a 10 ans d’emprisonnement ferme chacun. Le tribunal les condamne en outre aux dépens liquidé à la somme de 183 100 FCFA et à la contrainte par corps de 6 mois en cas de non-paiement des dépens.
Le tribunal a jugé les accusés coupables des faits de coaction de meurtre, incendie et destruction, violation des consignes, violence sur femme enceinte. Des peines jugées complaisantes par les avocats de l’accusation, au regard de la gravité des faits. « Ces peines ne correspondent pas à la gravité des infractions. Ces peines ne répondent pas à l’obligation sociale de la justice. Nous pensons également que jusqu’à ce jour, ceux qui ont organisé ce massacre n’ont jamais été inquiétés », note Me Sosther Menkem, avocat des ayants droits des victimes.
Les familles des victimes n’ont pu assister à cette audience. Et ce, pour diverses raisons. « N’oubliez pas que la distance entre Ngarbuh, (là où les faits ont été commis) et Yaoundé (là ou on juge), c’est près de 1000 Km. Et ces familles qui sont déjà démunies n’ont pas les moyens de s’y rendre à toutes les audiences. Ce sont des choses qui participent à éloigner les victimes de la justice. Cela justifie pourquoi les victimes n’étaient pas présentes à l’audience », explique l’avocat d’après qui les ayants droits des familles ont cessé de se rendre aux audiences depuis 2023.
L’on se souvient que, le 14 février 2020, au plus fort de la crise anglophone, des éléments de l’armée pénètrent dans le village Ngarbuh, département du Donga-Mantung , région du Nord-Ouest. Ils s’empennent à des villageois sur qui ils ouvrent le feu. Bilan, 22 civils tués, dont des femmes enceintes et des enfants. Le gouvernement dément dans un premier temps l’implication des éléments des Forces de Défence, avant de l’admettre sous la pression des médias et de la société civile. Les avocats des soldats condamnés n’excluent pas la possibilité de faire appel de cette décision du Tribunal militaire de Yaoundé.



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