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Manifestation : La Socapalm, incomprise par Afrise et les riverains de Apouh

Un groupe de femmes et de manifestants ont fait irruption de force sur le site de la Socapalm a Apouh pour s’opposer au replanting. La Socapalm pourtant engagée dans un processus de restitution des terres a déjà restitue a l’Etat, plus de 2 566 hectares a Dibombari et plus de 400 hectares à Edea.

Par Blaise Deumo

 

L’on a failli en venir aux mains sur le site de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm), basé à Apouh. En fin de matinée, un groupe de personnes, sur des motos, arrivent et tentent de forcer le passage afin de faire irruption dans l’enceinte de cette entreprise. Le groupe dans lequel des femmes se revendiquent du Mouvement Afrise. Malgré l’insistance des agents de sécurité de se référer à la hiérarchie de la Socapalm, rien n’y est fait. Le ton monte. Pourtant, il leur était tout simplement demandé de présenter une autorisation du Directeur de la plantation, leur donnant l’accès au site de la Socapalm. Rien n’y fait. Et saisi au téléphone par les agents de sécurité, la hiérarchie de la Socapalm parvient à calmer la situation suffisamment tendue et appeler les deux parties à l’apaisement et à faire entendre dans le calme et la sérénité, sa voix dans cette affaire au centre de laquelle, le mouvement Afrise voulait faire entendre sa voix.

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Les femmes de Afrise disent réclamer réclamer les terres de leurs ancêtres confisquées par la Socapalm. Elles revendiquent la rétrocession de leurs terres impactées. « Chaque année, nous voulons l’espace vital, on ne nous écoute pas. Depuis 2000, on refait le replanting. Nous n’avons pas d’espace pour survivre », a dénoncé un membre de Afrise. Pour justifier le fait de n’avoir pas informé la Socapalm, la présidente de Afrise, Félicité Ngon, se défend. « Ce n’est pas la première fois qu’on descend sur le terrain (…) Même lorsqu’on les appelle, ils ne viennent pas. Donc, nous n’avons pas besoin de les appeler quand on a à mener une action. ».

Replanting en toute légalité

L’action menée par Afrise le 23 janvier 2025 vise à s’opposer au programme de replanting initié par la Socapalm. « Le replanting correspond exclusivement au rajeunissement du verger sur des superficies déjà exploitées et ne constitue, en aucun cas, une extension », explique un cadre de l’entreprise. Dans le communiqué rendu public par l’entreprise au courant de cette journée sur « l’incident sur la plantation Socapalm Edea », l’entreprise fait une mise au point dans laquelle elle rappelle que « le replanting correspond exclusivement au rajeunissement du verger sur des superficies déjà exploitées et ne constitue en aucun cas, une extension. Depuis 2023, l’entreprise fait face à des blocages de la communauté d’Apouh ainsi que des femmes se revendiquant de l’association Afrise, dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, et ce, malgré les sensibilisations réalisées et les communications des autorités administratives sur le sujet, notamment lors des réunions tripartites organisées en lien avec ces blocages », précise la Socapalm.

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L’entreprise note par ailleurs que « le programme de replanting a fait l’objet d’une sensibilisation formelle auprès des autorités administratives, ainsi que des communautés concernées, dont la communauté d’Apouh ». Face à cette insistance des femmes de Afrise qui revendiquent « leurs » terres en s’opposant au replanting, la Socapalm oppose une stratégie de transparence et d’action concrète. L’entreprise met en avant son « engagement en faveur d’une communication transparente et ouverte » et sa « disponibilité pour un dialogue apaisé, dans un cadre respectueux des règles, des personnes et des institutions ».

Restitution des terres

Tenez. La Socapalm a restitué le 21 janvier 2026, a Dibombari, des terres à l’Etat du Cameroun. La superficie réelle restituée à l’Etat du Cameroun par la Socapalm est évaluée à 2 566 hectares 93 ares 49 centiares. L’opération conclue sous la conduite du Préfet du Moungo, au cours d’une séance de concertation tripartite, s’est tenue à Dibombari. Ainsi, sur une concession initiale de 11 210 hectares 41 ares 01 centiare, la superficie actuellement conservée par la Socapalm à Dibombari, après cette restitution, est désormais de 8 643 hectares 47 ares 52 centiares. A en croire la responsable de la communication de la Socapalm, Barbara Lienoue, « cette restitution volontaire des surfaces non exploitées traduit la volonté affirmée de la Socapalm de travailler en toute transparence avec les pouvoirs publics et les communautés riveraines, afin de clarifier durablement une problématique foncière ». L’entreprise rappelle également avoir restitué à l’État plus de 400 hectares de sa concession non exploités à Edéa pour les besoins des populations.

Acces à l’information : l’exemple qui vient de la Socapalm

Surtout que c’est depuis 2017 que la Socapalm a initié le processus de clarification foncière et de restitution d’une partie de sa concession à l’Etat. Une restitution des terres à l’Etat qui met en lumière la patience et la cohérence de la démarche foncière engagée depuis 2017. Elle contribue également à réduire les tensions, à renforcer la confiance et à favoriser une cohabitation harmonieuse, en ce qu’elle répond aux attentes des communautés locales et aux exigences des partenaires internationaux, des ONG et bailleurs.

Written by BLAISE DEUMO

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