Anicet Ekane laisse l’image d’un homme entier, convaincu que la démocratie exige parfois de payer le prix fort.
Né en 1951 à Douala, Anicet Georges Ekane s’engage très jeune dans les mouvements nationalistes, marqué par l’héritage de l’Union des populations du Cameroun (UPC). Théoricien de la « seconde indépendance », il fonde en 1995 le MANIDEM, un parti qu’il façonne comme un instrument de justice sociale, de souveraineté et de résistance face au pouvoir en place.
Polémiste redouté, Ekane se distingue par sa fidélité à une ligne idéologique claire : désacraliser le pouvoir, dénoncer les dérives autoritaires et défendre les oubliés de la République. Ses engagements lui valent plusieurs arrestations au fil des décennies. Mais aussi un profond respect, y compris chez ses adversaires politiques. Candidat à deux élections présidentielles, il n’a jamais recherché la popularité facile : ce qu’il revendiquait, c’était la cohérence.
En 2025, alors que la crise post-électorale secoue le Cameroun, Anicet Ekane apparaît comme un mentor politique pour une nouvelle génération d’opposants. Son arrestation en octobre dernier et sa mort en détention quelques semaines plus tard marquent un tournant dramatique. Au-delà de l’émotion, son décès symbolise les tensions politiques persistantes qui traversent le Cameroun.
Militant jusqu’à sa mort, Anicet Ekane laisse l’image d’un homme entier, convaincu que la démocratie exige parfois de payer le prix fort. Son nom restera associé à la lutte opiniâtre pour une parole libre et un Cameroun plus juste.



GIPHY App Key not set. Please check settings