LA ROUE TOURNE : LA CHUTE DE L’EMPIRE CAVAYÉ
Le départ de Cavayé Yéguié Djibril de la présidence de l’Assemblée nationale n’est pas un simple changement de perchoir. C’est l’effondrement d’un monde.
Trente-deux ans de règne. Trois décennies à incarner l’institution, à distribuer les faveurs, à verrouiller les ambitions, à tisser patiemment la toile la plus dense que la politique camerounaise ait jamais connue. Un empire bâti brique par brique, consolidé alliance après alliance, protégé par l’aura de l’intouchable.
Aujourd’hui, l’empire vacille. Et dans son mouvement, c’est toute une constellation de planètes satellites qui se fond dans l’espace, aspirée par le vide laissé par celui qui fut longtemps le deuxième personnage de l’État.
L’ÉBRANLEMENT D’UN SYSTÈME
Quand le chêne centenaire tombe, la forêt tremble. Les ramifications de l’influence Cavayé irriguaient chaque strate de la société politique : députés qu’il avait intronisés, hommes d’affaires qu’il avait propulsés, administrateurs civils dont il avait signé les nominations, chefs traditionnels qu’il avait sacrés ou destitués selon l’humeur du moment.
Ce réseau, patiemment entretenu pendant plus de trois décennies, se retrouve orphelin du soleil qui l’éclairait. Les planètes, hier encore brillant de l’éclat réfléchi du maître, cherchent désormais leur trajectoire dans l’obscurité naissante.
LE DIRCAB ET LA FABLE DU « TOUR DE MANGER »
Parmi celles qui chercheront leur chemin dans ce nouvel ordre, une figure attire particulièrement l’attention : Boukar Abdourahim, dit « l’Iranien », l’indétrônable directeur de cabinet de Cavayé, celui qui répétait à tout bout de champ que « l’Assemblée nationale est pour les gens du Mayo-Sava, c’est notre tour de manger ».
Le verbe était cru, mais la philosophie claire : le pouvoir se prend, le pouvoir se garde, et quand on l’a, on en use. Sauf que dans la tête du Dircab, « notre tour de manger » signifiait visiblement « mon tour de manger seul ».
Pendant des années, Boukar Abdourahim a prospéré à l’ombre du maître. Homme de l’ombre devenu homme de lumière, il dépensait sans compter, arrosait sans limite, et personne ne savait vraiment d’où provenaient ces faramineuses sommes d’argent qui coulaient entre ses doigts comme le fleuve Mayo-Sava après les pluies.
Les jeunes de l’Extrême-Nord, eux, regardaient de loin. On les convoquait pour meubler les meetings, pour tendre les bras au bon moment, pour applaudir aux bons endroits. Comme lors de ce fameux rassemblement des « 100 mille jeunes de la région de l’Extrême-Nord » à Maroua, en pleine précampagne présidentielle. Ils étaient là, foule bigarrée, décor vivant d’une mise en scène soigneusement orchestrée. Pour tenir ce rôle, on leur donnait quelques billets, un T-shirt, une promesse. Rien de plus.
Pendant ce temps, le Dircab engrangeait. Pour lui. Pour ses proches. Pour ceux qui savaient être au bon endroit au bon moment.
LA GRANDE INTERROGATION : L’HEURE DES COMPTES
Mais la question qui taraude les observateurs les plus lucides est ailleurs.
Les proches se sont-ils préparés à l’éventualité d’un tel chamboulement ?
Ont-ils vu les signes avant-coureurs ? Ont-ils senti le vent tourner quand d’autres barons, avant lui, tombaient un à un ? Ont-ils pris le soin de sécuriser des positions de repli, de diversifier leurs protections, de cultiver d’autres jardins que celui du maître ?
Ou bien la croyance en l’intouchabilité du vieux lion les a-t-elle endormis dans une sécurité factice ?
Car dans les systèmes où le pouvoir se confond avec un homme, la chute de l’homme est toujours un tremblement de terre pour ceux qui avaient construit leur existence à son ombre.
LE SORT DES SATELLITES
Les proches collaborateurs découvrent aujourd’hui la loi impitoyable des transitions brutales. Ceux qui hier encore voyaient toutes les portes s’ouvrir sur un simple clignement d’yeux du maître frappent aujourd’hui à des portes qui restent obstinément closes.
Boukar Abdourahim, lui, doit se demander où il ira désormais. Lui qui a dépensé sans compter, qui a étalé sa puissance, qui a verrouillé l’accès au maître, qui a fait et défait les carrières à sa guise. Lui qui répétait inlassablement que « l’Assemblée est pour les gens du Mayo-Sava ».
Le Mayo-Sava, justement, va devoir apprendre à survivre sans son principal pourvoyeur.
Les hommes d’affaires du sérail cherchent de nouveaux protecteurs. Les cadres administratifs dont les carrières dépendaient de la bienveillance du président déchu tentent de négocier des reconversions discrètes. Les courtisans de la dernière heure, ceux qui peuplaient les antichambres et les réceptions, réécrivent déjà l’histoire de leur fidélité.
C’est l’heure du grand tri.
LE TCS ET LE DERNIER ACTE
La fin justifie les moyens, dit-on. Et parfois, quand les comptes doivent être soldés, le Tribunal Criminel Spécial s’invite dans la danse pour sceller définitivement une fin.
Malheur aux poisseux du dernier déluge. Malheur à ceux qui n’ont pas vu venir la tempête. Malheur à ceux qui ont cru que l’empire serait éternel et que les caisses personnelles se confondaient avec les caisses de l’État.
Car dans les grandes lessives de l’histoire, ce sont toujours les petits poissons qui payent d’abord. Les gros, eux, savent nager en eaux troubles ou trouver des rives accueillantes.
Reste à savoir si Boukar Abdourahim, l’Iranien, avait appris à nager ailleurs que dans les eaux calmes de l’Assemblée.
L’INCONNUE : ET APRÈS ?
Reste à savoir si cette recomposition brutale profitera à une nouvelle génération — celle des jeunes de Maroua qu’on utilise pour les applaudissements sans jamais leur donner la parole — ou si elle n’est que le prélude à d’autres chutes, d’autres recompositions, dans le grand jeu des équilibres qui fait la singularité de la politique camerounaise.
Car dans ce mouvement des planètes, certaines s’éloignent définitivement dans le froid de l’espace. D’autres, plus agiles, cherchent déjà à s’arrimer à de nouveaux astres. D’autres encore, plus lucides, avaient anticipé l’inévitable et préparé leur atterrissage.
L’empire Cavayé n’est plus. La constellation cherche son nouveau centre de gravité.
Et pendant que les satellites errent, le peuple regarde, avec cette sagesse ancestrale qui sait que les empires passent, que les rois tombent, que les Dircab s’en vont, mais que la terre, elle, reste.
En attendant que d’autres étoiles, peut-être, s’allument à l’horizon — et que ceux qui n’étaient que faire-valoir deviennent enfin acteurs de leur propre destin.
La vie et la mort après ce monde il y a deux royaumes le royaume de la mort éternelle et le royaume de la vie éternelle quelle est ton choix ?
Hébreux 9 versé 27
Repentez-vous et acceptez Dieu dans votre vie comme votre Dieu, votre père,votre créateur, Jésus Christ comme votre seigneur et sauveur personnel et le Saint-Esprit comme le garant de votre salut et tu seras sauvé. aime vous les un les autres pour continuer à recevoir la parole de Dieu à partie de vos téléphones+237679612752



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