La devise du Cameroun «PAIX-TRAVAIL-PATRIE», n’est aujourd’hui qu’un ensemble presque vide car le seul de ces trois mots qui avait encore un peu de sens à savoir «PATRIE», a pris un sérieux coup depuis les élections présidentielles de 2018.
En effet, plus qu’un slogan, la devise du pays de Paul BIYA était un pilier fondamental qui constituait une sorte de socle de la société où chacun se retrouvait plus ou moins. Mais aujourd’hui, chacun de ses trois mots a perdu son sens, laissant place à un vide qui l’a progressivement transformé en une expression de propagande vide.
Avant la crise anglophone en fin 2016, et malgré les attaques de la secte islamiste Boko Haram, le Cameroun se ventait encore d’être un pays de paix. Mais en plus de Boko haram dont le président de l’assemblée nationale avait par la suite affirmé dans une de ses sorties qu’ils ( Membres de BH ) « etaient avec nous », sont venus les attaques de la région de l’Est ( la seleka, anti balaka ) portant le nombre de régions en insécurité au Cameroun à six ,et donc plus de la moitié du territoire national. Aujourd’hui en plus de ces régions, les arrestations politiques lors des différentes élections , le climat d’insécurité grandissant qui secoue l’ensemble du pays avec parfois des dizaines de crimes en une seule journée, les violations des lois , les menaces, les injustices ,intimidations même de la part des plus hautes autorités, ont retiré au mot « PAIX » de notre devise, tout son sens. Une situation qui n’a fait empirer la situation de cette jadis belle devise, car avant la paix, le mot «TRAVAIL» , depuis la fin des années 92 avait lui aussi perdu son sens dans notre devise, s’aggravant au fil des années avec la corruption, le népotisme, le favoritisme le tout, au vu et au su de tous, un peu comme un message qu’on envoyait à certains : » FAITES CE QUE VOUS ALLEZ FAIRE ON VOIT » .
Conscient qu’en face il y a une armée prête à tout pour maintenir le régime en place même s’il faut sacrifier tous ceux qui osent revendiquer quoique ce soit, les camerounais , au plus profond de la crise économique, du chômage , de l’insécurité et de l’injustice, se sont accrochés à la seule chose qui les restait et curieusement, qui restait aussi de notre fameuse devise à savoir la « PATRIE »…
Oui , les camerounais ont toujours été attaché à leur patrie, leur amour pour leur pays n’était plus à démontrer jusqu’à un passé récent où le système en place a décide de « fermer les yeux » sur toutes les dérives, surtout si elles sont subies par un parti politique de l’opposition (la VRAIE OPPOSITION ), un membre d’un parti de l’opposition et… Plus récemment, si c’est un ressortissant d’une région dite du » socle granitique » pour ne pas paraphraser ce ministre griot du régime en place.
Ainsi, sans se cacher, les gens parce qu’ils appartiennent à une certaine région, peuvent même à la télévision demander à d’autre Camerounais de « rentrer chez eux » en pleine république. Les gens peuvent parce qu’ils ne sont pas contents d’une situation, incendier le domicile d’une autorité sans être inquiétés.
Les gens encore peuvent, parce qu’ils bénéficient d’une portion du pouvoir de l’État, décider de vous faire arrêter et vous envoyer en prison (pour les plus chanceux ) parce que vous venez d’une région qu’ils n’aiment pas.
Le tribalisme aujourd’hui au Cameroun n’est plus un secret; malgré les lois qui interdisent celà, même par voie électronique, l’État qui affiche un silence complice et même amical avec des personnes qui ne se cachent plus et peuvent traiter de tous les noms d’oiseaux certains camerounais au nom de leur ethnie.
Les réseaux sociaux sont aujourd’hui le véritable champ de prédilection des adeptes de cette pratique que le gouvernement nourrit par son silence. Il suffit de ne pas être d’accord avec un internaute pour subir la foudre de lui et sa communauté. Il suffit, même face à un crime que les patronymes soient opposés pour que l’affaire soit tribalisée et le coupable connu sans même attendre les enquêtes de ce qu’on appelle chez nous la justice.
Au Cameroun, la devise n’a plus aucun sens car en plus de ne plus être en paix, on est au chômage et avec tout ça, malgré ce qu’on croyait, le pays semble ne plus nous appartenir tous.
D’aucuns avec la complicité du système, semble avoir leur place assurée de par leurs ethnies contrairement aux autres car la PATRIE n’existe plus.
Le plus grave, c’est que ce même système qui donne l’impression de soutenir cette division pour mieux régner, sait bien dans quel piège il entraîne la partie de ce peuple naïf, qui nous a t on souvent dit , est payé pour passer la journée dans les cabinets noir, à créer des faux profils pour insulter, menacer, intimider et pourquoi pas jouer les espions pour les FMO quand on essaye de mieux les faire revenir à la raison avec des vérités qui blessent. La réalité c’est que le Cameroun n’est pas loin d’une guerre civile car même loin du tribalisme, pour la politique, les frères d’un même village sont prêts à tout pour faire taire l’un ou l’autre ( l’affaire Ludovic Dagha à Babadjou en est la parfaite illustration,ou encore celle du PR Aba oyono ). C’est donc une situation qui n’a pas besoin d’un expert pour tirer la sonnette d’alarme et appeler le gouvernement à prendre ses responsabilités s’il ne veut pas porter une nouvelle responsabilité de crimes au cas où une guerre civile, ou une guerre politico- civile venait à se déclarer au Cameroun.



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