Le médecin du Centre medical de la Socapalm/Kienke donne les mesures à suivre pour la prévention de la maladie et fait le point sur la situation actuelle de la rougeole a la Kienke.
Quelles sont les mesures les plus efficaces pour éviter la rougeole ?
La rougeole est une maladie virale extrêmement contagieuse, causée par le virus de la rougeole. La mesure de prévention la plus efficace reste sans équivoque la vaccination. Au Cameroun, le vaccin utilisé est le Vaccin Rougeole-Rubéole (RR), administré dans le cadre du Programme Élargi de Vaccination (PEV). C’est l’outil principal de protection individuelle et collective.
Rougeole : la riposte de la Socapalm à la Kienke
À côté de la vaccination, plusieurs mesures complémentaires sont essentielles. Notamment, l’isolement rapide des cas suspects, pendant les quatre jours suivant l’apparition de l’éruption cutanée ; la notification systématique aux autorités sanitaires ; la vaccination de riposte autour des cas confirmés (stratégie dite de “ceinture vaccinale”) ; la sensibilisation communautaire ; une surveillance épidémiologique active et continue. C’est la combinaison de toutes ces mesures qui permet de contenir efficacement la propagation du virus.
Peut-on dire aujourd’hui que la rougeole est complètement éliminée ?
Non, la rougeole n’est pas complètement éliminée. Même dans les pays où la couverture vaccinale est élevée, des flambées peuvent survenir si certains seuils ne sont pas atteints. Pour empêcher la circulation du virus, la couverture vaccinale doit être au moins égale à 95 %. La rougeole peut réapparaître lorsque la couverture vaccinale descend en dessous de ce seuil ; s’il existe des poches d’enfants non vaccinés. De même, des mouvements de population facilitent l’introduction du virus ; l’immunité collective diminue.
On peut parler, dans certains contextes, de contrôle ou d’élimination locale temporaire, mais pas d’éradication mondiale. À ce jour, la rougeole n’est pas éradiquée, contrairement à la variole.
Rougeole : la riposte de la Socapalm à la Kienke
Qu’est-ce qui peut favoriser l’apparition de cas dans une localité comme Kienké ?
Dans une zone agro-industrielle caractérisée par une forte mobilité des populations, plusieurs facteurs peuvent contribuer à l’apparition de cas : Une couverture vaccinale insuffisante ; des enfants non vaccinés ou incomplètement vaccinés ; des retards dans le calendrier vaccinal du Programme élargie de vaccination ; les migrations saisonnières de travailleurs et de leurs familles ; la circulation de rumeurs ou des hésitations vaccinales ; la vulnérabilité accrue des enfants en situation de malnutrition.
Il faut rappeler que la rougeole possède un taux de reproduction (R0) très élevé, estimé entre 12 et 18. Cela signifie qu’un seul cas peut infecter une grande majorité des personnes non immunisées dans un groupe. La moindre baisse de vigilance peut donc rapidement conduire à une flambée.
Quel vaccin est administré et à quel âge ?
Au Cameroun, dans le cadre du Programme Élargi de Vaccination, il s’agit du Vaccin Rougeole-Rubéole (RR). Le calendrier vaccinal prévoit : une première dose à l’âge de 9 mois ; une seconde dose à 15 mois. Lors des campagnes de riposte en situation épidémique, la vaccination peut être élargie aux enfants de 6 à 59 mois, et parfois jusqu’à 14 ans, selon l’ampleur de l’épidémie.
Quel message souhaitez-vous adresser aux parents et aux communautés ?
La rougeole est une maladie grave mais évitable. La vaccination reste la meilleure protection pour chaque enfant et pour la communauté dans son ensemble. Les flambées surviennent essentiellement lorsque la couverture vaccinale diminue. Il est donc crucial de respecter le calendrier vaccinal et de participer aux campagnes organisées par les autorités sanitaires. Protéger un enfant, c’est aussi protéger toute la communauté.



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