Avec des études d’ingénierie achevées a 80%, la Snh et Cstar franchissent un cap décisif dans la construction d’un dépôt de sécurité des réserves stratégiques de carburant au port de Kribi.
Le projet de construction d’un dépôt de sécurité des réserves stratégiques de carburant au port de Kribi est entré dans sa deuxième phase. Le projet lancé en juillet 2025 entre dans sa phase active. Selon le président du consortium Ariana/Rcg, en charge des travaux, les études d’ingénierie sont désormais achevées a 80%. Au cours de la rencontre tenue le 27 février 2027 au siège de la Société Nationale des Hydrocarbures (Snh), Georges Li rassurait également sur l’opérationnalité de la base vie et de l’accélération des travaux de génie civil afin d’anticiper sur la saison des pluies.
Le projet de construction d’un dépôt de sécurité des réserves stratégiques de carburant vise à garantir la stabilité et la continuité de l’approvisionnement du Cameroun en produits pétroliers de qualité à travers la construction de stocks de sécurité stratégiques à l’échelle nationale. Il a pour but de renforcer la résilience du Cameroun face aux ruptures d’approvisionnement ; consolider la chaîne logistique intérieure ; et soutenir le développement de la future raffinerie intégrée de Kribi qui se construit simultanément.
Portee par la Snh, ce projet entend transformer radicalement la chaîne de valeur pétrolière au Cameroun en raffinant localement le brut extrait du bassin minier national et sécuriser les stocks stratégiques. Ainsi, le terminal de stockage affichera une capacité initiale de 25 000 à 30 000 m3. La première phase de la raffinerie bâtie sur 250 hectares vise une capacité de traitement de 30 000 barils par jour. Les premiers essais prévus au terme de cette année devraient permettre d’atteindre une production intermédiaire de 10 000 barils par jour, dès le second semestre 2026.
Les retombées financières de cet important projet s’annoncent colossales. Tenez par exemple. La mise en service commerciale complète prévue pour 2028 permettra de réduire de 30% les importations des produits finis. Ce qui permettra aux caisses de l’Etat de bénéficier d’environ 750 millions de dollars (environ 375 milliards Fcfa). Pour ce qui est du financement de ce complexe industriel, elle est assurée par BgfiBank, partenaire financier de premier plan. Ce projet bénéficie également du financement d’acteurs publics et privés.
Aujourd’hui encore, près de 70 % des produits pétroliers consommés en Afrique subsaharienne sont importés, malgré des ressources abondantes. À l’échelle du continent, cela représente une fuite de valeur estimée à plus de 30 milliards de dollars par an. Autrement dit, la richesse existe, mais elle est captée ailleurs. Le raffinage permet de corriger cette dynamique. Il permet de retenir la valeur, de structurer des filières industrielles, de créer des emplois qualifiés et de stabiliser l’économie sur une base productive.



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