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Issa Tchiroma Bakary candidat malheureux aux élections présidentielles passées s’apprête à publier son autobiographie

Cameroun
« Un homme, une nation, un destin » : les bonnes feuilles du livre à paraître d’Issa Tchiroma Bakary

L’opposant camerounais, candidat face à Paul Biya lors de la présidentielle d’octobre 2025, s’apprête à publier son autobiographie. Jeune Afrique vous en dévoile les grandes lignes, en exclusivité.

Par Franck Foute (à Yaoundé)

Publié le 12 mars 2026

La publication de cet ouvrage, prévue avant la présidentielle d’octobre 2025 au Cameroun, était restée un secret bien gardé par son entourage. Repoussée en raison de la présence de passages critiques vis-à-vis de l’opposant Bello Bouba Maïgari, également engagé dans ce scrutin, la sortie de l’autobiographie de l’ancien candidat Issa Tchiroma Bakary a finalement été fixée à ce mois de mars 2026.

Un homme, une nation, un destin. Cameroun : l’incroyable parcours d’un homme qui défie l’ordre établi (éditions Télémaque) n’a pas été actualisé et ne contient pas les détails des dernières joutes électorales. Il revient, en revanche, sur l’itinéraire de son auteur, vétéran de la politique camerounaise, qui n’a cessé d’occuper le premier plan de la scène nationale.

L’allégeance à Ahidjo

Le texte nous embarque, en 175 pages, de Garoua à Yaoundé, en passant par Douala et Paris. S’enchevêtrent des anecdotes sur son enfance dans le Septentrion d’avant l’indépendance, sur ses débuts en politique dans la capitale française, sur les moments sombres passés en prison, sur son entrée au gouvernement, puis sur la décision de partir à la conquête de la magistrature suprême. Alors qu’il entame le cinquième mois d’un exil qui l’a conduit en Gambie, Issa Tchiroma Bakary a, aussi, consigné la vision qu’il nourrit pour son pays natal.

L’auteur se dit convaincu d’être voué à un destin particulier. Une étoile façonnée par le président Ahmadou Ahidjo, qui, au début des années 1960, lance, parmi les élèves natifs du Nord, une campagne de recrutement spéciale à l’École professionnelle des chemins de fer de Douala, dans la perspective d’un prolongement du rail dans cette partie du pays. Issa Tchiroma Bakary est le seul candidat reçu. Cette formation lui permet d’intégrer le cercle fermé des Nordistes scolarisés, lesquels sont suivis de près par Ahidjo.

En 1984, cette proximité avec Ahmadou Ahidjo fait d’Issa Tchiroma l’un des suspects de la tentative de coup d’État perpétrée contre Paul Biya, le successeur du chef de l’État. Paradoxalement, l’auteur ne s’attarde pas sur la responsabilité de l’actuel président dans cette vague de répression contre les élites du Septentrion et qui l’a conduit, en l’espace de six années, de la prison du Secrétariat d’État à la Défense (SED) à celle de Kondengui, puis de Yoko. Issa Tchiroma Bakary détaille davantage ses moments de solitude avec son codétenu Marcel Niat Njifenji, actuel président du Sénat.

La rivalité avec Bouba Maïgari

Il règle surtout ses comptes avec une autre figure : son ex-allié Bello Bouba Maïgari. Si l’inimitié entre les deux hommes est de notoriété publique, l’ancien ministre en situe pour la première fois l’origine. Celle-ci remonterait aux tractations précédant la création de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP). « La perspective de collaborer avec Bello ne m’enchantait guère, écrit-il. Durant mes années de prison, pas une fois il ne s’était inquiété de mon sort, ni de celui de mes compagnons de cellule ».

À la faveur du retour au multipartisme, au début des années 1990, les deux leaders sont amenés à travailler ensemble, mais les ennuis ne tardent pas à surgir. « Un très proche des arcanes du pouvoir, Baba Ahmadou Danpullo, m’annonça que le Premier ministre, Achidi Achu – sur instruction de Paul Biya –, voulait me recevoir à son bureau à Yaoundé. Paul Biya, qui avait offert à Bello la possibilité de lui présenter cinq candidats pour le prochain gouvernement, souhaitait savoir si je refusais de manière délibérée de rentrer au gouvernement ou si cela relevait de la volonté personnelle de Bello ».

Bello Bouba Maïgari avait en effet un peu plus tôt présenté « ses » candidats, dont Issa Tchiroma Bakary ne faisait pas partie. « Je considérais la position de Bello comme déloyale au regard de notre engagement mutuel à toujours nous concerter – lui, Hamadou Moustapha et moi – avant toute décision majeure engageant la vie du parti. Cette fois, il avait décidé seul, et à notre insu ». L’opposant n’oublie cependant le rôle que Paul Biya lui-même a pu jouer dans la brouille entre son principal opposant Bouba Maïgari et ses lieutenants.

Après la présidentielle de 1992, le président a bel et bien en tête de nommer Issa Tchiroma Bakary et son complice d’alors, Hamadou Moustapha, au gouvernement, sans l’aval de leur formation politique. Habile à jouer des divisions de ses adversaires, le président camerounais n’avait alors accepté aucun des cinq noms qu’avaient suggéré Bello Bouba Maïgari et l’UNDP. Une manœuvre politique qui plongea cette formation dans une profonde crise interne, dont elle ne s’est jamais vraiment relevée.

Le pas de deux avec Paul Biya

En 2007, c’est pourtant vers le même Paul Biya qu’Issa Tchiroma Bakary se tourne alors qu’il semblait avoir tout perdu sur le plan politique. « Via Martin Belinga Eboutou, ambassadeur représentant le Cameroun aux Nations unies, je fis passer mes arguments à Paul Biya, en chargeant [Eboutou] de lui dire ma proposition de soutenir publiquement sa volonté de faire adopter une modification de la Constitution. Pour agir, je proposais de dire haut et fort mon opinion à la presse. J’étais prêt à affronter critiques et attaques, parce que mes arguments étaient solides. »

La suite : une nomination comme ministre, de la Communication, puis de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Après plus d’une décennie au sein du gouvernement et à l’approche de la présidentielle d’octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary dit déplorer « qu’à 93 ans, après quarante-trois années de règne sans partage », Paul Biya n’envisage d’autre successeur que lui-même. « Avec le temps, j’ai vu disparaître toute volonté, tout élan, toute autorité véritable », poursuit-il.

Et d’expliquer son nouveau revirement et sa candidature à la magistrature suprême : « Celui qui détenait les rênes de l’État n’était plus à la hauteur des responsabilités qu’exige la direction d’un pays. Même s’il fut, un temps, un rempart face à ceux qui voulaient m’abattre, je ne pouvais plus ignorer l’inertie, le mépris du peuple et la confiscation du pouvoir par une poignée d’hommes. Me taire aurait été une complicité. Rester, une trahison ». « Ni menaces ni incertitudes ne me feront reculer », répète-t-il.

Depuis la rédaction de ces lignes, Issa Tchiroma Bakary a bousculé Paul Biya lors de la présidentielle. Il continue de revendiquer la victoire, tout en s’étant retranché au Nigeria, puis en Gambie. Une décision que certains partisans ne s’expliquent pas, mais qui semble trouver une réponse dans une promesse faite à son épouse en 2007, alors qu’il venait de perdre les économies de sa famille dans une élection entachée de fraudes : « Son désarroi me planta un couteau en plein cœur. […] Les yeux remplis de larmes, je lui fis une promesse : “[…] C’est la dernière fois que nous pleurons. Cela ne se reproduira plus. Jamais.” »

 

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Hébreux 9 versé 27

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Written by Bled Tamekem

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